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Les vignes du Clos des Calades poussent dans le Languedoc, 10km à l’ouest de Nîmes, sur le terroir de Langlade.

Jeune vigneronne, Laurence Escavi a fait le choix d’une agriculture respectueuse de l’environnement. À la vigne, le sol est enherbé et entretenu à l’aide d’un simple giro-broyeur, aucun traitement insecticide n’est utilisé. Les conditions climatiques (fort ensoleillement et mistral) sont de véritables atouts pour maintenir les vignes en bonne santé. A la cave, le sulfitage est limité au minimum, les raisins sont pressés tout en douceur et on utilise les levures indigènes (c’est-à-dire les levures présentes naturellement sur les baies).

Le sol de marnes (40% argile, 60% calcaire) est parsemé de fossiles d’huîtres et d’oursins. Ce terroir acide permet à Laurence de conserver une fraicheur bienvenue dans ces vins gorgés de soleil. Ils gagnent en verticalité et en tension, tout en conservant la gourmandise et la mâche caractéristiques aux cuvées de la région. Toute en rouge, la gamme est large :

  • Pic Têtu (du nom de l’outil servant à travailler la pierre dans la région), en grenache 100%, est marqué par le fruit, la légèreté, le croquant.
  • Les Strates (80% syrah + mourvèdre), présente une robe plus sombre, et une belle matière soyeuse.
  • Pacienca (80% mourvèdre + syrah), ou ‘patience’ en languedocien, met à l’honneur ce beau cépage tardif. Son élevage est particulier : le vin passe 12 mois en demi-muids de bois autrichien non chauffé. Il bénéficie donc du processus de micro-oxygénation, tout en gardant un boisé discret, pour donner au final un vin fort bien équilibré.
  • Atom’hic (60% syrah + mourvèdre)… c’est de la bombe ! Le fruit bien mûr, la chaleur du soleil, une fraicheur presque saline, beaucoup de densité et une fin de bouche minérale qui évoque la craie et le calcaire.

On retrouve dans chacun de ces vins une constante : la fin de bouche fait saliver, et appelle la gorgée suivante ! La ligne est droite, le nez flatteur et la bouche charnue. « Quand j’était petite je voulais être nez. D’une certaine manière, je suis un peu allée au bout de mon projet. Quand je fais un vin, c’est un peu comme si je faisais un parfum », confie joliment Laurence.

Un peu d’histoire :

La vigne était déjà cultivée à l’époque romaine. Au fil des siècles, les vins de Langlade gagnent en notoriété, et le village se peuple. Au XVII° siècle, il est servi à la cour de Louis XIV. On parlait à l’époque de « Costes du Rhône », il s’agissait d’une enclave et non d’un vin du Languedoc. Au XIX° siècle, on parlait de « cru » de Langlade, au même titre que d’un Châteauneuf-du-Pape par exemple. Alors que la plupart des vins de la région partait en distillerie, une gare fût construite dans le village, spécialement  pour acheminer ses vins car ils connaissaient un réel succès. Mais le terroir ne fut pas épargné par le phylloxera, et toute la vigne – ou presque – fut détruite. Les deux guerres mondiales freinent ensuite la replantation, et les collines sont envahies de garrigue. Dans les années 1960′, après près d’un siècle de repos de la terre, la viticulture reprend vie. Le terroir de Langlade compte aujourd’hui 70ha de vigne en production. C’est une renaissance, pour le meilleur !