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Une vague de fumée s’infiltre par la mince ouverture. Elle embaume les épines de pin et les feuilles de romarin. Puis le toit se soulève. L’éclatant soleil du mois d’août pénètre entre les cadres. L’homme et la femme en chapeau blanc se tiennent debout, le regard habité par cet émerveillement dont ils ne semblent jamais se départir. Ils soulèvent l’un des cadres centraux qui abritent les larves. Presque toutes les cellules sont scellées à la cire. D’ici peu, de nombreuses toutes jeunes abeilles verront le jour. Pour le moment, la ruche entière s’active à les nourrir : du miel pour les futures ouvrières, de la gelée royale pour celles qui, un jour peut-être, deviendront reines dans de nouveaux essaims. Et au beau milieu de cette agitation, la reine, plus grande que toutes les autres, circule et inspecte.

Une abeille vient de se poser. Elle est chargée de pollen et se met à danser pour attirer l’attention de la communauté. Elle a trouvé un champ. Un magnifique champ en pleine floraison. Quelle aubaine pour nourrir la ruche !

Les grandes mains du chapeau blanc replacent le cadre central et en sortent deux autres, aux extrémités. Ici, les cellules sont d’une couleur beaucoup plus claires. Elles sont gorgées de miel et de pollen, garde manger pour la ruche.

Ils remplacent ces cadres par de nouveaux, vierges encore. C’est le moment de la récolte, le miel va être extrait et mis en pots.

Soudain un bruit intense et de plus en plus proche met les abeilles en alerte. Un frelon vient de pénétrer dans la ruche. Voleur de miel, tueur d’abeilles. Les ouvrières font bloc, le frelon ressort brièvement. Mais avant qu’il n’ait le temps de revenir, le chapeau blanc l’écrase et remet le toit sur la ruche.

Quel beau métier… « Happyculteur, personne qui fait son miel des petits bonheurs de l’existence. » Alain Crehange

Article inspiré par la visite de Dias Apiary, Céphalonie, Grèce

NOTA : Le titre de cet article est une citation d’André Frédérique.